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En 2007, comment accoucherez-vous ?
Péridurale ambulatoire, accouchement sur le côté, maisons de naissance… voici des termes que l’on entend beaucoup aujourd’hui. L’univers de la naissance connaît des mutations profondes. Quelles sont les tendances du moment ? Leurs avantages ? Toutes les futures mamans peuvent-elles en profiter ? Réponses de nos spécialistes… et bientôt de vous jeunes mamans !
Quand péridurale rime avec mobilité
Finies les heures bloquées sur la table d’accouchement ? S’asseoir sur un ballon ou marcher dans le couloir pendant le travail était réservé aux futures mamans qui souhaitaient accoucher naturellement. Désormais vous pourrez vous aussi, si vous le souhaitez, profiter de techniques novatrices et déambuler pendant le travail préparatoire à l’accouchement, même si vous êtes sous péridurale, grâce à un dosage approprié de l’analgésique (en cas d’absence de pathologie).
« C’est un véritable tournant dans notre pratique, assure le Dr Dan Benhamou, directeur du service d’anesthésie de l’hôpital Antoine- Béclère de Clamart, et ce n’est qu’un début ! Nous pouvons enfin concilier la lutte contre la douleur et la mobilité sans faire l’impasse sur la sécurité de la maman et du bébé. » La participation active de la femme sur les contractions réduit la durée de l’accouchement et facilite également son déroulement. Une amélioration qu’accompagnent les progrès technologiques : les monitorings chargés de suivre l’activité cardiaque du futur bébé bénéficient depuis peu du système wifi (c’est-à-dire sans fil), ce qui réduit encore les obstacles à cette mobilité.
Une nouvelle pratique qui enthousiasme les équipes médicales et qui devrait donc progressivement s’imposer dans toutes les maternités, comme la péridurale en son temps. Toutefois, pour l’instant, l’utilisation de la déambulation pendant le travail reste encore très faible, puisqu’elle était de l’ordre de 5 % (des péridurales) en Ile-de-France en 2004-2005.

Accoucher sur le côté, une petite révolution ?
Traditionnellement, les futures mamans ont toujours accouché accroupies, à genoux, à quatre pattes, assises ou suspendues à une corde. C’est depuis la médicalisation de l’accouchement, qu’elles accouchent allongées sur des tables d’obstétrique. « On applique cette position unique pour un nombre infini de bébés et de mamans, regrette le Dr Bernard Maria, chef du service gynécologie-obstétrique du Centre hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges. D’autant qu’elle est loin d’être la plus efficace, au contraire ! » Principal inconvénient, « elle complique la trajectoire du bébé au moment du passage du bassin, augmentant le risque de blocage aux épaules, et donc de problèmes de périnée pour la maman et de cervicales pour l’enfant, insiste Bernadette de Gasquet, médecin spécialisé dans l’accompagnement des futures mamans. Accoucher sur le côté réduit ces complications et divise le nombre d’épisiotomies par six ! »
Cette position se présente donc comme une alternative intéressante à la position allongée, même si elle ne doit pas à son tour être imposée aux femmes. « C’est en discutant avec sa sage-femme et en fonction de ce qu’elle ressent que la future mère trouvera la position qui lui convient le mieux pour donner le jour à son bébé », reconnaît le Dr Bernard Maria.

Le peau à peau, véritable accueil pour votre tout-petit !
« Dès la naissance, la place d’un nouveau-né est sur sa mère, martèle le Dr Bernard Maria. Le séparer d’elle pour le peser ou pire le laver est criminel ! Dès qu’il naît, le bébé, légèrement essuyé, est posé nu en peau à peau sur sa mère. »
En effet, si ce moment de rencontre entre vous, jeune maman, et votre bébé est unique émotionnellement, il est également crucial pour la mise en route de son allaitement. C’est aussi un excellent moyen naturel d’éviter que votre tout-petit ne se refroidisse et ne s’angoisse. Dans les deux heures qui suivent, on va l’habiller mais sans lui donner de bain : les bébés naissent imprégnés de l’odeur du liquide amniotique, la même que celle des mamelons de votre sein ! Et puis la substance grasse et blanchâtre qui le recouvre, le vernix, a des propriétés hydratantes et anti-infectieuses et sera vite absorbée par sa peau. Sauf urgence vitale, aspirer un nouveau-né qui va bien ou lui mettre du collyre dans les yeux, « par précaution », sont autant de gestes inutiles et douloureux.

Pôles physiologiques, maisons de naissance : de nouveaux lieux pour accoucher
En France, il n’existe à ce jour aucune « maison de naissance » tel qu’elles fonctionnent au Canada ou aux Pays-Bas. Dans ces pays, ces lieux sans médecin accueillent les femmes qui souhaitent accoucher de façon totalement physiologique, à l’aide d’une sage-femme, celle qui les aura accompagnées pendant toute leur grossesse et qui assurera également le suivi de la maman et du bébé plusieurs semaines après l’accouchement.
Pourtant, l’ouverture de la première maison de naissance à Paris est proche. Comme six autres projets (Rennes, Pontoise, Annecy, Nantes, Beauvais, Le Kremlin-Bicêtre), la maison de naissance des Bluets est prête à fonctionner… dès que les autorités sanitaires auront donné leur feu vert. Il manque toujours les décrets qui visent à officialiser le rôle des sages-femmes, leur rémunération et leur assurance. Les décrets seront proposés en juin 2007 si le calendrier des élections présidentielles le permet. Mais l’idée d’une naissance plus physiologique a déjà fait son chemin, y compris au sein des hôpitaux. Ils sont de plus en plus nombreux à inaugurer des pôles physiologiques – impensables il y a seulement dix ans. Ces « maisons de naissance intégrées », placées cette fois sous la responsabilité des médecins, tentent de proposer – uniquement aux futures mamans ne présentant aucune pathologie – une alternative à l’accouchement classique, avec comme à Strasbourg (voir notre encadré ci-dessous), des techniques et du mobilier spécifiques à l’accompagnement du travail sans péridurale. Bordeaux, Lyon, Versailles, Clamart et bien d’autres devraient ouvrir dans les prochains mois.
Le signe encourageant que les femmes pourront bientôt choisir la façon dont elles veulent donner la vie.

Emmanuelle Mellah, avec la collaboration des Drs Dan Benhamou, directeur du service d’anesthésie de l’hôpital Antoine- Béclère de Clamart, Bernard Maria, chef du service gynécologie-obstétrique du Centre hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges, et Bernadette de Gasquet, médecin spécialisé dans l’accompagnement des futures mamans.

Illustration : Emmanuelle Teyras.



 




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