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Sondage enfant-magazine.com
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Naître en France en 2007
| | Grossesse, accouchement, premiers jours avec bébé... Tout au long de lannée, vous avez répondu avec votre propre expérience aux questions de notre sondage. Voici les résultats et les commentaires de nos spécialistes, gynécologues-obstétriciens et sages-femmes, sur le terrain. |  |
LA GROSSESSE Comment se sont déroulés ces neuf mois ? Vos réponses :
Suivi de grossesse 52 % dentre vous disent avoir été suivies par un médecin ou une sage-femme en ville, contre 48 % surtout par léquipe de la maternité. Pour une première consultation, les futures mamans sadressent souvent à leur gynécologue habituel. Si celui-ci est spécialisé en obstétrique, il propose généralement un suivi tout au long de la grossesse. Dans le cas contraire ou si la future maman le souhaite, les consultations ont lieu à la maternité.
Pratique du toucher vaginal 79 % déclarent avoir eu un toucher vaginal systématique lors des consultations prénatales. Ce qui est reproché à cet examen, ce nest pas tant sa nocivité que son manque dutilité. Effectuer un toucher vaginal ne permet pas à coup sûr de dépister un risque daccouchement prématuré. Quant à son utilisation répétée pendant la grossesse, elle pourrait être avantageusement remplacée par dautres techniques plus efficaces, par exemple léchographie du col de lutérus.
Entretien du 4e mois 28 % dentre vous ont eu ce rendez-vous comme le prévoit le plan périnatalité 2005-2007. Réalisé sous la responsabilité principale des sages-femmes, il sajoute aux sept examens prénataux obligatoires et à la préparation à la naissance. Cet entretien est proposé systématiquement aux futurs parents au cours du 4e mois de grossesse afin de réunir avec eux les meilleures conditions daccueil de leur enfant.
Rencontre avec une doula 4 % ont bénéficié des services dune « accompagnante » à la naissance contre 96 %. La doula peut assister la maman lors de sa grossesse, de son accouchement et pendant les mois qui suivent. Les gynécologues et les sages-femmes leur reprochent leur bagage insuffisant. Toutefois, elles offrent une disponibilité dont les professionnelles de la naissance ne disposent pas toujours, faute de moyens et deffectifs.
Rhésus négatif et Rhésus positif 17 % seulement dentre vous se sont vu proposer une injection de gammaglobulines. Petit rappel : votre futur bébé peut être de Rhésus négatif comme vous sans souci, ou positif comme son papa avec un risque dincompatibilité fto-maternelle. Cela signifie que vous pouvez fabriquer des anticorps capables de détruire les globules rouges de votre ftus. La solution est ladministration intraveineuse dimmunoglobulines qui vont se fixer sur les globules rouges ftaux et prévenir la réaction immunitaire maternelle.
Dépistage de la trisomie 21 avec lHT21 85 % dentre vous lont accepté. Avant 38 ans, le risque de trisomie 21 est faible et il nest pas légitime de faire systématiquement une amniocentèse. Est proposé un test sanguin de dépistage, lHT21, entre la 14e et la 18e semaine daménorrhée, permettant de doser trois marqueurs (lHCG bêta, lalpha-fto-protéine et lstriol). Ce test est combiné à la mesure de lépaisseur de la nuque (clarté nucale) réalisée par échographie dès la 12e semaine. En cas de risque, une amniocentèse sera pratiquée.
Préparation à la naissance 58 % des futures mamans disent sêtre préparées dans le cadre dune maternité, 42 % dans le cadre libéral. Par manque de sages-femmes, les séances de préparation à la naissance sont de moins en moins nombreuses dans les maternités. Si les établissements nen proposent pas, les mamans peuvent toujours faire appel aux services dune sage-femme libérale proche de leur domicile.
Projet de naissance 28 % ont pu le mettre en uvre contre 72 % qui nont pas eu découte dans ce sens. Le projet de naissance est un texte personnel que les parents rédigent pour énoncer leurs désirs lors de larrivée de leur enfant. A eux dy consigner les points qui leur semblent importants : la présence du père, la mobilité pendant le travail, la position pour accoucher, lenvironnement adéquat pendant la naissance, la non-séparation davec le bébé.
L'avis du spécialiste Le Pr René Frydman, chef du service de gynécologie-obstétrique de la maternité Antoine-Béclère à Clamart.
« Ce sondage montre deux écueils. Dun côté une surmédicalisation des grossesses sans risque : trop dépisiotomies (le taux recommandé est de 25 à 30 %) et trop de déclenchements. De lautre côté une difficulté à faire bouger les habitudes. A la maternité Béclère, la consultation du 4e mois nest opérationnelle que depuis deux mois, faute dun personnel en nombre suffisant. De la même façon, un pourcentage encore faible de mères Rhésus négatif a bénéficié dune injection de gammaglobulines en cours de grossesse. Le chiffre qui ne métonne pas : 27 % des femmes nont pas gardé de sensations sous péridurale. Cest un chiffre que nous retrouvons dans notre pratique quotidienne, malgré tous les efforts des anesthésistes pour faire du sur mesure. Léquilibre entre une péridurale trop ou pas assez efficace nest pas simple. Quant à la péridurale ambulatoire, je doute quelle puisse se mettre en place partout, léquipement de surveillance du rythme cardiaque ftal étant onéreux. »
AUTOUR DE L'ACCOUCHEMENT
Médicalisation, position pour accoucher, épisiotomie, péridurale
dans quelles conditions sest déroulée la naissance de votre bébé ? Quelques chiffres :
Pôles physiologiques 18 % dentre vous disent en avoir bénéficié. Alors que les maisons de naissance peinent à sinstaller en France, des pôles physiologiques montrent leur nez dans certaines maternités. Dans ces espaces, tout est possible : accoucher assise, à quatre pattes, prendre un bain chaud, bénéficier dune séance dacupuncture sous la seule responsabilité de sages-femmes. La médicalisation à outrance est volontairement exclue : pas de péridurale, peu denregistrement ou de perfusion au profit dun vrai maternage.
Acupuncture 5,5 % dentre vous se sont vu proposer lacupuncture pour favoriser la dilatation du col. Quand une femme est sur le point daccoucher et que le travail navance pas, elle peut bénéficier dune puncture au niveau des chevilles et du creux de la main. Dans ce cas précis, les aiguilles sont stimulées manuellement plusieurs fois. Cest un médecin acupuncteur ou une sage-femme formée à lacupuncture qui place les aiguilles.
Position 85,5 % ont accouché sur le dos, 5,5 % sur le côté et 1 % accroupi. Selon ses défenseurs, la position latérale serait la plus physiologique pour donner la vie. Laccouchement est plus facile, moins douloureux et lassistance médicale est diminuée : moins de forceps, moins dépisiotomie, donc plus de périnées préservés. Le taux des mamans qui accouchent sur le côté oscille entre 10 à 15 %. Mamans comme personnel médical restent encore insuffisamment informés sur cette pratique.
Episiotomie 41,5 % cest le nombre dentre vous ayant eu une épisiotomie. Selon lAudipog (Réseau sentinelle des maternités), on réalise près de 45 % dépisiotomies en France. Par comparaison, lAngleterre affiche un taux de 13 %, les Etats-Unis 19 % et la Suède, 6 %. Le collège national des gynécologues-obstétriciens estime quau-delà de 30 %, la technique nest plus justifiée. De son côté, lOrganisation mondiale de la santé pense que le taux des épisiotomies ne devrait pas dépasser 20 %.
Péridurale 73 % ont pu garder des sensations avec une péridurale, 27 % non. Aujourdhui, les dosages sont plus subtils, il est possible de bouger les jambes et certains systèmes ambulatoires permettent même de marcher pendant le travail. Dans quelques maternités, une pompe auto-programmée permet de prendre soi-même en charge les réinjections danesthésiant. Quelle que soit la méthode, la majorité des mères disent mieux ressentir les contractions et suivre la descente de leur bébé.
Péridurale ambulatoire 13 % en ont bénéficié. La complexité de surveillance de la mère et de son bébé oblige souvent léquipe médicale à maintenir
les deux au lit !
Déclenchement 32,5 % dentre vous ont été déclenchées. Il existe deux types de déclenchement, le premier dit de « convenance » demandé par les parents ou léquipe médicale, le second à visée thérapeutique.
L'avis des spécialistes
le Dr Bernard Maria, chef du service de gynécologie-obstétrique à lhôpital de Villeneuve-St-Georges.
« Ce sondage montre deux facettes du métier. Dune part, le poids des habitudes culturelles : la pratique du toucher vaginal pourtant abandonnée en Europe ou laccouchement sur le dos (dautres positions sont plus favorables !). Dautre part, lévolution des techniques : le dépistage de la trisomie 21 a progressé (le but est dabaisser à 12 semaines la date de lexamen et de le coupler avec la mesure de la clarté nucale), la péridurale est plus légère, lépisiotomie est moins systématique. Le chiffre qui me fait bondir : 32,5 % de femmes se sont vues proposer un déclenchement. Un chiffre élevé, comparé à celui de 2005 (18,7 %). Hormis les critères strictement médicaux, le déclenchement provoque un accouchement plus long et un risque excessif de césarienne. »
Frédérique Teurnier, présidente du Collège national des sages-femmes.
« Il vaut mieux accoucher aujourdhui quil y a dix ans ! Grâce aux progrès de la médecine, mais aussi aux demandes des femmes, notre pratique a évolué. Quelques points noirs demeurent : le manque de moyens humains, et notamment de sages-femmes, pour mener à bien lentretien du 4e mois et en général tout laccompagnement. Et surtout le manque de choix : les pôles physiologiques sont encore trop rares, linstallation de vraies maisons de naissance se fait attendre. Le chiffre qui me hérisse : 28 % seulement des femmes ont pu faire entendre leur projet de naissance. Pour le mener à bien, je préconise une discussion en amont avec léquipe. Plus le projet sera personnel, plus il aura de chances dêtre entendu. »
PREMIERS JOURS AVEC BEBE Prise en charge à la maternité, accueil du bébé, allaitement, baby-blues
comment avez-vous vécu laprès-naissance ? Vos réponses :
Durée du séjour à la maternité 41,5 % dentre vous sont restées quatre jours à la maternité, 36 % plus de cinq jours, 22,5 % trois jours. La sortie précoce (deux ou trois jours après laccouchement) devient de plus en plus fréquente. Mais elle nest valable que dans le cas où le bébé va bien et que la mère est confiante, informée des soins à prodiguer et pour qui un suivi à la maison est déjà prévu. Les consultations médicales et les visites de sages-femmes à domicile sont prises en charge à 100 % par la Sécurité sociale jusquau 12e jour du bébé.
Allaitement 67 % dentre vous disent avoir été aidées pour la mise au sein. Dans les maternités labélisées « amies des bébés » (au nombre de 5 en France), il existe un réel accompagnement, selon les critères retenus par lOMS. Ailleurs, la pratique est plus variable. Certains services vont encore à contre-courant : mère et enfant séparés, mise au sein retardée, biberons de complément proposés
Les chiffres sont là pour en témoigner : en France, un nourrisson seulement sur deux est allaité au sortir de la maternité, sûrement par manque de soutien prodigué aux mères !
Soutien après la naissance 75,5 % estiment avoir été suffisamment entourées à la maternité. Un bon chiffre
au regard du manque de personnel aujourdhui dans les maternités. Espérons quil ne baissera pas à lavenir !
Baby-blues 56,5 % des jeunes mamans regrettent de ne pas avoir été suffisamment soutenues pour surmonter leur petite déprime après la naissance. Généralement, le baby-blues se produit dans les trois à dix jours qui suivent. Chute brutale des hormones, contrecoup de la grossesse et de laccouchement, absence de sommeil perturbent lhumeur des jeunes accouchées. A noter : 20 % des baby-blues se transforment en dépression postnatale qui, elle, demande une prise en charge psychologique.
L'avis de la spécialiste Francine Dauphin, de lOrganisation nationale des syndicats de sages-femmes.
« Les résultats de ce sondage illustrent bien les difficultés actuelles posées par laccompagnement pendant la grossesse et la naissance. Alors quun entretien médical au 4e mois a été officialisé, il peine à se mettre en place faute dun nombre suffisant de sages-femmes. Cette carence explique également pourquoi la préparation à la naissance passe plutôt entre les mains de sages-femmes libérales, ou plus rarement par des doulas qui sont loin davoir leur expérience. Le chiffre qui minterpelle : 75,5 % des femmes déclarent avoir été suffisamment entourées pendant leur séjour à la maternité. Jai peur que cela ne reflète pas la réalité. Malgré tous nos efforts, le soutien reste décousu, insuffisant particulièrement en suites de couches. Notre conception des soins doit se modifier. Elle doit être plus dynamique et sadresser davantage aux couples. A limage du projet de naissance, les mamans devraient pouvoir finaliser un projet de laprès-accouchement, dautant que les séjours à la maternité se font de plus en plus brefs. »
Propos recueillis pas Maryse Damiens.
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